Affichage des articles dont le libellé est Bit-lit. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bit-lit. Afficher tous les articles

Autres livres de Glen Duncan : Le dernier loup-garou, Talulla

Paru en France en 2014

Rites de sang est le troisième et dernier tome de la trilogie des loup-garous de Glen Duncan, après Le Dernier Loup-Garou et Talulla.

Les chapitres à la première personne nous propulsent d’un personnage à l’autre. Nous retrouvons notamment la louve-garou Talulla, mais aussi le vampire Remshi ou encore sa protégée Justine.

Pleine de promesses, la première moitié du roman évoque notamment l’histoire de Remshi, plus vieux vampire en vie avec ses vingt-mille ans. Avec cette histoire de vampire à travers les âges, Glen Duncan arpente plus que jamais les terres de Anne Rice - qu’il cite d’ailleurs en clin d’œil - et cela constitue la partie la plus fascinante de Rites de Sang. Les analogies fines que l’on connaît de l’auteur sont légion, même si on le soupçonne par moment d’apprécier son propre verbiage.
Seul bémol à cette introduction passionnante, des personnages plus introspectifs que jamais, qui ne cessent de se perdre en hésitations. Cela leur confère à tous une même fragilité un peu artificielle.

Peu à peu, les métaphores s’épuisent et, avec la deuxième moitié du livre, on retombe dans un thriller bien rythmé qui hélas, nous ressert quasiment les situations des précédents tomes. Kidnappings et enfermements dans des sous-sols, rencontres improbables entre espèces - dont certaines n’apportent strictement rien à l’intrigue, comme la présence sans intérêt de Mia et Caleb - et quelques scènes de sexe et de violence, que l’on a connu plus inventives. L’OMPPO, l’organisation qui chasse le paranormal, a été remplacée par les Militi Christi, leur équivalent chrétien, dont on ne saura finalement pas grand-chose.
Reste l’intrigue mythologico-amoureuse, pour le coup plutôt bien écrite, par laquelle Remshi voit dans Talulla la réincarnation de sa dulcinée disparue.
Malgré ses près de 500 pages, Rites de Sang a un parfum d’inachevé, comme s’il était passé à côté de son potentiel spectaculaire.

Rites de sang laisse le sentiment paradoxal d’avoir été déçu par un bon livre. Bon livre car c’est indéniablement un moment de lecture haletant, déception parce que l’ouvrage demeure en dessous des deux premiers tomes, dont il reprend les ficelles en oubliant parfois la saveur. Quoiqu’il en soit, il clôt la trilogie et il serait dommage de s’en passer.
Read More ...

0 commentaires

Autres livres de Glen Duncan : Le dernier loup-garou, Rites de Sang

Paru en France en 2014

Talulla est la suite du dernier loup-garou, roman à succès où Glen Duncan évoquait les dernières années du loup-garou Jake Marlowe. Avec ce deuxième opus, le récit se concentre sur un nouveau narrateur : Tallula, compagne de Jake, qui porte ses enfants.

Talulla, jeune « garoute » entourée de familiers, mercenaires, et même, assez vite, d’une meute d’autres loup-garous hauts en couleurs, est traquée. Par l’OMPPO, l’organisation qui chasse le paranormal, et par les vampires, qui cherchent dans le sang des loup-garous un moyen de vivre au soleil. Et quand son fils nouveau-né est enlevé, rien ne va plus. Parmi les nouveautés apparaît une secte dissidente célébrant le soi-disant retour du plus vieux vampire au monde.


« Les différences de surface subsistaient (...), mais vaporisées par la chaleur partagée du monstre, assis près de nous tel un oncle pédophile en compagnie de ses nièces corrompues »

Le style et le ton sont assez semblables au Dernier loup-garou malgré le glissement de personnage. Sexe, sang et sense of wonder sont toujours les ingrédients de la recette, même si la partie érotique attribuée à Talulla évoque peut-être un peu trop un fantasme masculin. Glen Duncan évite néanmoins en partie de créer un Jake Marlowe bis. Et cela en sacrifiant le cynisme dans lequel baignait le premier opus. Les réflexions détachées de Jake manquent et c’est sans doute le principal reproche que je ferais à l’ouvrage. Talulla se perd elle aussi en introspections, mais ses inquiétudes relèvent essentiellement du pragmatisme : comment va-t-elle s’en sortir ? Comment gérer sa maternité quand on se transforme en bête sanguinaire à la pleine lune ? Etc. La scène de l’accouchement est d’ailleurs particulièrement forte.

« Je gisais sur le dos, dans une cage... boulonnée au sol d’une remorque de camion, je le sus en quelques secondes – aux arceaux des parois et au froid parfumé à l’acier. »

Pour compenser cette diminution des tirades ironiques, l’auteur nous sert un roman d’action effrénée, nettement plus intense. Kidnappings à répétition, rencontres improbables, scènes de torture où l’on retient son souffle et retournements de situation. Nous ne sommes plus dans un livre de loup-garous, mais dans un thriller d’action - non dénué de quelques clichés - où les monstres pourraient presque être anecdotiques. Et, il faut le reconnaître, ça fonctionne. Le livre a beau être plus épais, on tourne les pages encore plus vite qu’avec le premier volume.

Avec Talulla, Glen Duncan troque les sarcasmes du Dernier loup-garou contre une aventure rythmée qui ne cesse de rebondir, avec une rare maîtrise du suspense. La plume, toujours aussi juste et fluide, nous transporte d’assauts sur des repaires secrets en prisons de sous-sol, laissant à peine au lecteur le temps de respirer. On ne peut qu’être impatient de la sortie d’un troisième roman, qui pourrait fort bien traiter d’intéressant rapprochements entre espèces...


Remarque : dans la version que j’ai, il y a une petite erreur d’impression. La page 242 est remplacée par un double de la page 245. Le passage manquant, en pleine scène d’action, gêne un peu.


Read More ...

0 commentaires

Paru en France en 2012

Les faucheurs sont les anges est un roman post-apocalyptique orienté zombies, qui va légèrement au-delà du simple hommage au genre. D’ailleurs les mort-vivants, quoiqu’omniprésents, ne sont pas le sujet central.

Temple est une adolescente de quinze ans, née après l’invasion du monde par les zombies. Les limaces ou les sacs à viande, comme elle les appelle. C’est son monde, qu’elle arpente avec sa machette. Pour elle, rien n’y a jamais changé. Nous la suivons dans un road trip de survie rythmé par ses rencontres. Cet attardé mental qu’elle prendra sous son aile, comme pour réparer la mort de ce petit garçon qu’elle accompagnait. Ou Moïse Todd, montagne de muscles à la personnalité ambiguë, qui la poursuivra pour la tuer - à contrecœur - à travers les Etats-Unis. Familles ou chasseurs isolés, communautés étranges qui tentent de reformer une civilisation. L’univers et les situations sont codifiées par le genre mais bien décrits. On ne peut s’empêcher de songer, par exemple, à la série Walking Dead. Et il y a ce camp de mutants dégénérés qui rappelle fortement le cinéma d’horreur façon La colline a des yeux.

Dès lors que l’on accepte qu’il s’agit d’un hommage et non d’un ramassis de clichés, le livre et son ambiance poisseuse s’apprécient pleinement. Et ce duel traînant entre Temple et Moïse, cette idée d’inéluctable - de destin ? - qui suinte tout au long du texte, cette manière dont Temple finit par avoir peur d’elle même, de ce qu’elle devient, tout cela ajoute à la tension de l’ouvrage, qui évite l’écueil du simple divertissement gore. Il faudra cependant pardonner quelques incohérences, rares heureusement. Plus de vingt ans après l’apocalypse, on trouve encore des ascenseurs qui fonctionnent et de l’eau courante dans la boutique abandonnée d’un coiffeur, les routes semblent très praticables... Bref tout n’est pas complètement crédible.

L’écriture est excessivement simple, les phrases courtes. La forme est aussi aride et brutale que l’est devenue l’univers. Les quelques tentatives de métaphores semblent un peu forcées, c’est davantage dans la concision qu’Alden Bell tire la puissance de son roman.

L’auteur nous offre un roman court, linéaire, très visuel. Un roman avec des zombies et un peu plus. Un livre qu’on referme avec le sentiment d’avoir vu un bon film.
Read More ...

3 commentaires

Autres livres de Glen Duncan : Talulla, Rites de sang

Paru en France en 2012

Je n’aurais sans-doute pas acheté cet ouvrage de Glen Duncan sans avoir vu au préalable des commentaires positifs. Le titre et la couverture pouvaient faire craindre une bit-lit commerciale pour ado. Il n’en est rien. L’auteur nous offre dans ce premier volume une narration digne des meilleurs Anne Rice, ce qui pourrait surprendre un amateur de romance gothique qui aurait acheté le bouquin par erreur.

Nous suivons Jake Marlowe, un loup-garou de 200 ans qui pourrait être le dernier de son espèce. Plus grand chose ne l’atteint, ni l’OMPPO, une organisation d’humains qui chassent les phénomènes paranormaux et autres créatures (et qui rappelle vaguement le Talamasca de Anne Rice), ni les vampires qui semblent le traquer pour d’autres raisons que la seule animosité entre les deux espèces.

Aspirant plus ou moins à sa propre mort, Jake va finalement se laisser embarquer contre son gré dans les complots qui agitent tout ce petit underground.
Présenté ainsi, rien de très nouveau. Le mythe du loup-garou est respecté (pleine lune, balles en argent, tout y est), et quelques personnages secondaires sont un poil caricaturaux : l’ami bibliothécaire, le chasseur de l’OMPPO en gothique cynique, la bourgeoise française nymphomane...

"Le dégoût de soi absolu apporte une sorte de paix"

Ce qui fait du dernier loup-garou un roman exceptionnel, c’est cette plongée dans l’esprit du monstre. Glen Duncan ne nous offre pas seulement une aventure racontée par Jake, mais nous donne accès à chacune de ses pensées, de ses digressions multiples. Un objet, une situation, lui rappellent un souvenir, qui en appelle un autre. Et ses petites phrases qui décrivent la vie humaine avec le recul du désabusé font mouche. Une telle justesse qui fait qu’on s’arrête parfois de lire pour se dire « tiens c’est pas faux ça... ». Sans oublier ce second degré permanent, quand Jake rappelle à quel point, dans une fiction, tout se passerait autrement.

"Les jambes pâles, enfantines, négligeables, flottant des deux côtés de Bragg en rut telles les antennes d’un insecte égaré."

Si l’on ajoute à cela une belle écriture au service de scènes d’action plutôt cinématographiques, quelques rebondissements bien amenés même si convenus, des passages érotiques plutôt efficaces (avec un soupçon de fan-service), l’ensemble est en forme de réussite.


Le dernier loup-garou est un roman de divertissement dont la maîtrise de l’écriture et les multiples fulgurances littéraires vont le placer nettement au-dessus du lot. Si le scénario n’a rien de très complexe, c’est si bien écrit qu’on est totalement déculpabilisé de lire un livre avec des vampires, des loup-garous et du sexe. Et que le roman qui fait suite, Tallula, est déjà commandé. A voir maintenant si Glen Duncan maintiendra le niveau dans ce qui devrait probablement être une trilogie.
Read More ...

0 commentaires