Paru en France en 2002

Ce roman de Christopher Moore est clairement annoncé dans la catégorie polar. Mais c’est un polar déjanté aux frontières de la parodie. Et il y a une belle touche de fantastique avec cette créature des profondeurs qui traverse l’oeuvre.

Melancholy Cove est une petite station balnéaire américaine, quasi désertique. Et c’est la ville qu’a choisi un monstre marin venu du fond des âges pour refaire surface. Mais le récit n’est pas tellement centré sur la bête, plutôt sur les humains plus allumés les uns que les autres qui peuplent Melancholy Cove.
Car le lézard géant - de la taille d’un camion – est un tel concentré d’instinct originel que ses phéromones ont le pouvoir de réveiller les libidos de toute la ville. Sachant que les habitants sont déjà à moitié dingues, Christopher Moore nous livre alors un cocktail détonnant et particulièrement bien rythmé.

Dans Le lézard lubrique de Melancholy Cove, nous croisons ainsi un pharmacien sexuellement obsédé par les dauphins, une ancienne comédienne de série B qui a vieilli dans ses costumes post-apo et vit dans une caravane, un joueur de blues qui n’est plus assez malheureux pour jouer correctement et qui tente de se déprimer, ou encore un psy qui décide de ne plus prescrire d’antidépresseurs à tout ce petit monde...
C’est une bonne vingtaine de ce genre de caricatures qui vont faire face à des mystérieux meurtres et disparitions, le tout lié à l’apparition du lézard.

Ce dernier, plus ou moins métamorphe, parvient à se déguiser en caravane. Puisque l’on plonge également dans les pensées du monstre, on le verra par exemple jubiler lorsque la comédienne, qui s’approche d’un peu trop près, lui « touche la clim ». Tout est de cet acabit, oscillant sans cesse entre investigation et franc n'importe quoi.


Le tout est servi avec une plume efficace qui laisse un sourire à chaque page. Le genre de bouquin dont le scénario est moins essentiel que sa galerie de personnages déjantés. Le genre qui se lit en quelques jours et qui redonne le moral, parce qu'il est aussi génial que son titre.

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1 commentaire.

  1. Ca a l’air sérieusement barré ! :D Le pitch donne envie.