Paru en France en 1979

Premier volume de la série H2G2 (pour Hitch Hiker’s Guide to the Galaxy), le Guide du voyageur galactique est un incontournable de la SF humoristique et il était temps que je le découvre. Sauf que cette découverte est en demi-teinte. J’en attendais peut-être trop.

Dans H2G2, nous suivons les péripéties de l’anglais Arthur Dent, qui embarque dans un vaisseau spatial quelques secondes après la destruction de la Terre par les Vogons, des extraterrestres qui voulaient construire une voie express à la place.
Avec son compagnon Ford, il finit par se retrouver dans un engin volé par un président galactique à deux têtes, Zaphod, et découvre une mythique planète dont les habitants sont des... créateurs de planètes. Le grand secret de la Terre est sur le point d’être révélé. Au passage, nous croisons un robot dépressif, des souris intelligentes, un générateur d’improbabilité, un ordinateur qui prend quelques millions d’années pour donner la grande réponse à la vie, à l’univers et au reste.
Réponse qui, je n’évente rien, est 42.

Le pitch n’est guère plus touffu que celui du film, et l’ensemble est très court. On sent presque l’écriture radiophonique qui a donné naissance à l’univers avant de devenir un roman. H2G2 fait partie de ces ouvrages « entre deux », ces lectures rafraîchissantes qui font parfois du bien entre deux pavés conséquents. L’écriture de Douglas Adams est simple mais efficace, avec cet humour pince-sans-rire typiquement anglais, délicieux mais qui manque par moment de finesse. Au bout d’un moment, on se lasse de la ficelle trop souvent employée des dialogues incongrus et remarques détachées en plein milieu d’une situation improbable ou de mort imminente. Le principal reproche que je ferais est qu’il est quasiment impossible de s’attacher aux personnages qui sont essentiellement des commentateurs de situations, ou de s’immerger dans l’univers finalement assez sommaire. Tout à l’opposé, pour rester dans l’imaginaire humoristique, du foisonnant Disque-Monde de Terry Pratchett. Heureusement quelques trouvailles et des éclairs de génie dans certaines tournures sauvent largement le livre.


H2G2 est un bon moment de lecture marqué par un humour anglais omniprésent. Mais avec des ficelles comiques un peu répétitives et des péripéties succintes, il ne faut pas espérer un chef d’oeuvre de la subtilité. Nous sommes davantage dans une sorte d’objet filmique à lire, armé de pop-corn. A voir si le volume suivant, « Le dernier restaurant avant la fin du monde », maintient la recette.