Paru en France en 1999

Le cycle de l’Aube de la Nuit est un space opéra fleuve de Peter F. Hamilton, qui a sans conteste contribué à ses succès ultérieurs en France. Trilogie composée des tomes Rupture dans le réel, Le Dieu nu et L’alchimiste du neutronium, les près de 4000 pages sont découpées en sept volumes dans la version poche.

Si à mon sens l’Aube de la Nuit n’atteint pas l’excellence du cycle d’Hyperion de Dan Simmons, nous sommes ici dans un grand space opéra qui réunit tout ce qu’on peut demander au genre.
La gigantesque fresque de cet empire galactique est composée de tant de sous-intrigues qu’il serait inutile d’en détailler tous les points.

Le lecteur se retrouve plongé dans une vaste confédération galactique qui fait face à un mal nouveau se répandant de planète en planète : le retour des morts. Pas question de zombies, mais plutôt de possession. Tout commence sur une petite planète agricole où l’esprit d’un mort prend possession de Quinn Dexter, l’un des personnages les plus vicieux du cycle.

Face à cette menace, le héros Joshua Calvert, qui démarre l’aventure en retapant un vieux vaisseau dont il a hérité pour tenter d’ouvrir une route commerciale à laquelle personne ne croit. Même si le personnage est bien campé, Joshua Calvert réunit tous les clichés de l’aventurier tête-brûlée et taquin. On finira par s’intéresser davantage aux héros secondaires qui sont psychologiquement moins convenus. Heureusement, le nombre de personnages et de sous-récits est conséquent, l’histoire sautant d’un point de vue à l’autre au moment le plus frustrant, avec de jolis cliffhangers.

Puisque des personnages historiques prennent possession du corps des vivants, nous retrouvons Al Capone parmi les possédés, qui sera la version intelligente et organisée d’un Quinn Dexter, et tentera d’étendre son règne par la ruse et les alliances. Louise est sans doute le caractère féminin le plus attachant. Jeune fille issue d’une riche famille anglaise qui exporte une précieuse liqueur de rose, elle sera séduite par Joshua. Enceinte de lui, elle quittera avec sa sœur sa planète natale pour se mêler à la fois à un univers qu’elle découvre et au vaste complot qui secoue la galaxie.

Parmi les espoirs de vaincre les possédés, quelques races alien seront prétexte à de nombreux rebondissements. L’univers humain est lui même divisé entre adamistes, les cultures ordinaires, et édenistes, utopistes télépathes vivant sur des stations spatiales. Le lecteur croisera également des vaisseaux conscients et plus rapides que la lumière qui peuvent converser avec leurs passagers, une arme capable d’éteindre une étoile, et tant d’autres technologies. Bref, du sense of wonder à ne plus savoir qu’en faire, mais aussi du sexe, de la violence parfois crue : sortez le pop-corn.

La plume de Peter F. Hamilton sait effacer l’auteur pour laisser place à l’histoire. Le rythme et les tournures sont justes, fluides. On reprochera bien sûr, et c’est inévitable sur un cycle de plusieurs milliers de pages, quelques longueurs qui posent le récit. On notera aussi de grosses ficelles qui rendent le plaisir coupable : héros intrépides, méchants vraiment méchants, jeunes ingénues ou deus ex machina un peu faciles. Mais l’auteur s’efforce néanmoins de casser des situations convenues avec quelques virages inattendus. Une saga au final très addictive, de celles qui vous empêchent de dormir dès lors que l’on a accroché au premier volume...

2 commentaires :

  1. Lorhkan says:

    C'est un cycle auquel je compte me frotter un jour, mais pour le moment il est malheureusement difficilement trouvable en intégralité...

  2. Oui, ce sera exceptionnel de trouver les 7 poches en stock dans une librairie. Commande presque obligatoire, ou peut-être en version numérique ?